Le congrès de l’Union nationale des centres communaux d’action sociale s’est tenu à Chambéry les 26, 27 et 28 mars 2025. [Lire la suite…]
Myriam Combet, animatrice de la CSD (Coordination syndicale départementale de la Savoie), Alain Goubet et Frédéric Dhorne ont fait une intervention ovationnée par les 450 congressistes. Nous proposons ci-dessous, leur prise de parole :
Urgence Sociale / Urgence salariale !
Face à l’urgence sociale, exigeons des moyens à la hauteur des besoins !
Mesdames et Messieurs les élu-e-s, Monsieur le Président de I’UNCCAS, Mesdames, Messieurs,
Merci d’abord de permettre l’expression de la CGT à l’occasion de ce 94e congrès de I’UNCCAS dont il faut rappeler qu’il se déroule dans un contexte d’intensification des crises sociale, climatique, économique, démocratique, dans un contexte de politiques d’austérité aussi, avec plus de deux milliards d’euros prélevés sur les dotations aux collectivités territoriales, avec un Gouvernement qui préfère engager la France dans une économie de guerre, qui préfère distribuer des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises plutôt qu’augmenter les budgets destinés aux services publics, garants de l’égalité entre tous les usagers, et notamment les plus vulnérables.
Les CCAS et CIAS sont ainsi en première ligne pour répondre aux besoins croissants des populations les plus fragiles, mais malheureusement sans moyens suffisants aujourd’hui pour assurer une réponse efficace et humaine à la hauteur des urgences sociales.
Pour la CGT, la commune et ses services publics constituent l’un des piliers de notre démocratie de proximité. Les services publics sont le garant de la cohésion sociale, du plus jeune âge à la vieillesse, en passant par les parcours de vie chaotiques et le handicap. Les services publics, ce sont aussi des remparts à l’extrême droite parce que partout où les services publics reculent, le sentiment de relégation, de déclassement progresse. Et c’est précisément sur ce terreau que prospère l’extrême droite.
Dans ce contexte préoccupant, la CGT observe avec inquiétude la stagnation, voire la régression des subventions allouées par les collectivités à leurs CCAS et CIAS.
Mesdames et Messieurs les élus, l’heure ne doit pas être au renoncement, au moment même où les populations ont le plus besoin de services publics.
Dans un pays toujours plus riche avec un PIB record en 2024, où 75 milliards d’euros de dividendes ont été distribuées aux actionnaires, où la répartition des richesses créées par les travailleurs et les travailleuses profite à un petit nombre qui capte toujours plus de richesses. Comment peut-on accepter ces choix ?
Nous devons les dénoncer. Ensemble nous devons agir.
Les élus locaux doivent eux aussi organiser la résistance face aux politiques libérales de destruction des services publics. Vous avez le pouvoir de favoriser le rapport de force nécessaire pour imposer d’autres choix. Soyez en tout cas assurés que nous serons quant à nous, agents du service public, usagers, et citoyens attachés au service public, mobilisés et que nous ne lâcherons rien sur la défense du service public.
Pour nous la question qui est posée, ce n’est pas comment s’adapter et faire avec moins, mais comment consolider et développer des services publics de qualité avec des moyens à la hauteur des besoins.
Comme vous le savez dans les CCAS et CIAS, les métiers du lien sont occupés très majoritairement par des femmes. Ce sont des métiers difficiles, dont la pénibilité est insuffisamment reconnue. Ce sont aussi des métiers où les temps partiels (89 0/0) sont souvent subis, et non choisis, avec de lourdes conséquences sur la qualité de vie et le niveau de retraite des agents. Nous rappelons à ce titre que la CGT revendique l’abrogation de la derrière réforme des retraites voulue par le Président des riches. Et nous vous appelons à nous rejoindre dans la rue le 3 avril prochain pour nos services publics, nos salaires et nos retraites.
Quant au manque de personnel dans les Ehpads, les Résidences Autonomies, les SAAD, la Petite Enfance et les structures à caractère social, il faut se poser les bonnes questions. Pour la Cgt cette désaffection des métiers est directement liée à la précarité, au manque de reconnaissance, à la dégradation des conditions de travail…
Donc plutôt que s’insurger contre l’absentéisme, il est urgent de valoriser et de redonner de la dignité à ces métiers.
C’est en ce sens que la CGT revendique :
- L’Augmentation des budgets alloués aux CCAS et CIAS : Il est impératif que l’État et les collectivités locales investissent massivement dans l’action sociale pour répondre aux défis actuels ;
- Le renforcement des effectifs : Les agents des CCAS et CIAS sont surchargés. Des recrutements supplémentaires sont nécessaires pour garantir un accompagnement digne et efficace des usagers ;
- La formation continue des personnels . Face à des situations de plus en plus complexes, il est essentiel de proposer des formations adaptées aux agents pour qu’ils puissent monter en compétence et répondre aux besoins spécifiques des publics accompagnés ;
- La reconnaissance et la valorisation des métiers de l’action sociale : Les travailleurs sociaux doivent bénéficier de conditions de travail décentes, de salaires justes et d’une reconnaissance à la hauteur de leur engagement ;
- La promotion de l’égalité professionnelle : Assurer l’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes au sein des structures sociales est une priorité ; L’arrêt immédiat des réformes des services de soins à domicile qui ne permettent plus aujourd’hui un fonctionnement décent et entraînent ainsi des fermetures de services ; L’attribution du Complément de Traitement Indiciaire pour l’ensemble des agents exerçant auprès des personnes âgées et de l’urgence sociale ,
- Et enfin l’ouverture de structures publiques pour garantir une prise en charge digne des personnes fragilisées.
Madame la Ministre, Mesdames et Messieurs les élus, à l’heure où vous votez le budget des collectivités, nous vous demandons de défendre nos services publics, notre modèle social et d’allouer des moyens à la hauteur des besoins.
Merci pour votre attention, bon congrès et vive le service public !